Facade Ouest 20140527
  • Poste Immo

L'architecture

Une architecture contemporaine,
respectueuse du patrimoine

 

architecte

La restructuration au sens plein du terme, telle que nous comprenons dans le cadre du projet, (...) est prospective car en même temps qu’elle soigne, elle prolonge la vie, élargit le champ des possibles pour écrire de nouvelles histoires. L’histoire que nous racontons est celle de la transformation d’un îlot à vocation unique, industrielle, en un îlot urbain, opération rendue possible grâce aux qualités intrinsèques de l’immeuble de Guadet et à son insertion au cœur d’une séquence urbaine remarquable, donnant tout son sens au projet de restructuration.

 

Dominique PERRAULT, architecte

 

 

Dominique Perrault (architecte de la Bibliothèque Nationale de France ; Grand Prix National d’Architecture) a été désigné en 2012 pour concevoir le projet architectural, à la suite d’une consultation européenne. Il est associé à Jean-François Lagneau, architecte en chef des Monuments Historiques.

Le projet proposé par l'architecte prévoit une évolution réfléchie de l’immeuble vers la modernité, tout en le rapprochant des principes essentiels ayant présidé à sa conception originelle.

Premier axe fort : la dimension urbaine de la Poste du Louvre est un des éléments centraux du projet. Dans son état actuel, l’édifice est un îlot industriel donnant sur 3 rues (rues du Louvre, Etienne Marcel et Jean-Jacques Rousseau) et un passage privé (passage Gutenberg). Cette configuration implique une faible insertion urbaine de l’immeuble et le manque d’échanges avec le quartier, pourtant largement composé de passages et circulations piétonnes.

Dans son projet, Dominique Perrault prévoit de rétablir les ouvertures historiques du bâtiment d’origine et occultées au fil des années : les quatre façades du bâtiment s’ouvriront pour s’intégrer à la trame du quartier et ses nombreuses circulations piétonnes (Galerie Vivienne, passage Vero Dodat…).
L’ouverture en rez-de-chaussée permettra par ailleurs d'offrir une grande place urbaine animée autour de laquelle s’organisent les diverses activités et se crée un espace de rencontre pour tous, passants et usagers du bâtiment.

L’accueil de nouveaux usages dans le bâtiment conforte là aussi les objectifs urbains de mixité, de centralité, et de redynamisation du quartier grâce à une exploitation à grande amplitude horaire.

Concernant le projet architectural, un travail en creux et en courbe de la façade est proposé afin de respecter la séparation d’origine (l’usine pour les activités de collecte et tri du courrier / l’hôtel pour le bureau de poste et l’administration) (voir rubrique L’histoire).
Sur la rue du Louvre, l’hôtel des Postes, avec son passage couvert et ses façades intérieures, confirme sa fonction d’accueil d’un service public. Les volumes originaux des espaces, jadis entresolés, retrouvent leur cohérence, leur lumière naturelle et la transparence avec l’usine à l’arrière. Les plateaux sont transformés et accueillent d’autres fonctions (Courrier, Colis, bureaux, commerces…) dans la logique de flexibilité d’origine.
Les façades extérieures sont conservées, restaurées dans l'esprit du bâtiment transformable de Julien Guadet.

  • Vues du projet : façades de la rue Etienne Marcel et de la rue du Louvre © Dominique Perrault Architecture / Adagp
  • Vues du projet : façades de la rue Etienne Marcel et de la rue du Louvre © Dominique Perrault Architecture / Adagp

L'approche patrimoniale : une volonté de continuité

L’architecte conserve et met en valeur le concept d’origine de Julien Guadet de «bâtiment transformable», dans un souci permanent de respect du bâtiment historique.

Il valorise l’essence du dispositif, en dessinant les adaptations nécessaires pour répondre aux nouveaux usages attendus dans des conditions de sécurité, d’accessibilité et de confort.

Trois éléments fondamentaux :

  • La peau de pierre. Elle unifie les deux entités de « l’usine » et « l’hôtel des Postes » et installe l’immeuble dans le paysage parisien.
  • La structure porteuse métallique, indépendante de la peau extérieure, qui assure la flexibilité et l’adaptabilité de l’outil industriel.
  • L’ingénierie du XIXème siècle qui a permis d’organiser sur 5 niveaux un ensemble complexe, grâce à des dispositifs d’éclairage et de ventilation naturelle des locaux : cours intérieures, verrières, cours anglaises...
  • La « peau de pierre », image monumentale et institutionnelle du Groupe La Poste, mise en valeur dans le projet